Au revoir…

Pouthier_mondebilble_7Le Festival de Cannes s’est achevé, loin du Da Vinci Code. Le tumulte est retombé et le film vit maintenant sa vie. Non sans succès, semble-t-il.

Quelles leçons tirer de cette quinzaine un peu échevelée (25 000 pages vues sur ce seul blog !) ? D’abord qu’il valait mieux en parler que se taire. Cela a permis de rectifier pas mal d’erreurs et d’amener quelques uns de nos contemporains à se poser des questions intéressantes. Ensuite que les réactions au roman et au film ont été un bon révélateur non seulement de l’ignorance ambiante en matière d’histoire religieuse (ce qui n’est peut-être pas si grave que cela), mais surtout de l’attitude étrange de nos sociétés de consommation de masses à l’égard de la religion. Celle-ci est devenue un produit comme les autres, sur lequel l’investissement affectif varie entre l’attente du divertissement ou du mystère, et la curiosité superstitieuse ou irrationnelle. Dieu en revanche a disparu de l’horizon et seuls quelques philosophes et théologiens s’interrogent encore à Son sujet. Comment, sur ce plan, ne pas partager l’inquiétude exprimée aujourd’hui par le pape Benoît XVI à l’égard d’une Europe sans Dieu ? Vient alors à l’esprit ce qu’écrivait le père de Lubac au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, dans Le drame de l’humanisme athée : « Il n’est pas vrai, affirmait-il, que l’homme, ainsi qu’on semble quelquefois le dire, ne puisse organiser la Terre sans Dieu. Ce qui est vrai, c’est que sans Dieu, il ne peut en fin de compte que l’organiser contre l’homme. »

Du coup, et cela est apparu une nouvelle fois dans ce blog, ceux qui –comme un grand nombre de musulmans- manifestent une foi sans complexe fascinent. Le Da Vinci Code n’a rien à voir avec l’islam, et pourtant il en a souvent été question ici. Les incongruités d’un roman policier nous renvoient ainsi à un certain vide de notre civilisation. En ce sens, il ne peut être complètement mauvais…

Jean-Luc Pouthier

P.S. : Un grand merci à ceux qui ont relayé ce blog sur leur propre site, en particulier RTL et Croire.com.  Sans vouloir ici nous auto-complimenter, nous avons constaté avec plaisir que cette initiative a été jugée suffisamment intéressante et sérieuse pour qu’un grand nombre de nos confrères de la presse écrite et audiovisuelle y fassent référence (La Croix, Le Monde, Le Figaro, France 5, France 3, i>télé, LCI, Europe 1, France Info, RCF, RFI, Radio Classique, et bien sûr RTL). Et ne vous inquiétez pas ! Vous aller pouvoir encore consulter ce blog pendant quelques jours…

Intellege ut credas... !

Jnieuviarts_130_2Là, dans les paysages verdoyants du fin fond de l’Angleterre, Sophie Neveu vient de recevoir une révélation de taille : voilà qu’elle est descendante de Jésus et de Marie-Madeleine, et finalement de lignée davidique. C’est beaucoup pour une jeune personne qui menait magnifiquement l’enquête, mais n’en demandait pas tant. Elle n’en est pas pour autant bouleversée, et de façon assez surprenante, le secret paraît plutôt facile à porter. Tant mieux ! Même si c’est quand même étonnant. Mais ce qui est intéressant est le commentaire que fait, de façon touchante, Robert Langdon : « Seul compte ce que vous croyez ! ». Il le lui répète. Eh bien non ! Non, seul ne compte pas ce que vous croyez, en une sorte de relativisme universel. Car on ne peut croire n’importe quoi. Et tout ne se vaut pas.

Et puisque l’Opus Dei, pour que les secrets soient mieux tenus et à couleur plus vaticane, parlent entre eux le latin que j’ai appris jadis – la grammaire n’a pas évolué, et le vocabulaire plutôt rétréci – parlons latin. Intellege ut credas, disait en effet saint Augustin, qui ajoutait : Crede ut intelligas. Traduisons la phrase, dans un sens ou dans l’autre, comme le fait librement Augustin : Crois pour comprendre, et comprends pour croire (Saint Augustin, Sermon 43).

Jean-Paul II a fait de ce thème essentiel une encyclique (Fides et ratio, c’est-à-dire Foi et raison) : une réflexion longue pour fonder ce double mouvement de la foi. Et c’est toute la tradition de l’Eglise qui l’affirme. Je pense ici au mot de saint Anselme qui est devenu un véritable adage dans l’Eglise, pour désigner l’enjeu de la théologie : elle est la foi en requête de compréhension ou d’intelligence, Fides quaerens intellectum. Ce mouvement là est essentiel. Les commentaires du blog s’y sont à juste titre arrêtés.

Paul Riceur a eu en son temps des pages lumineuses sur la question. On est loin de l’obscurantisme que l’on monte volontiers en baudruche pour mieux le brocarder. Le croyant n’est pas prié d’abdiquer sa raison à l’entrée de son acte de foi. Saisi par la foi, il est en recherche, justement pour croire. Et il y a longtemps que l’Eglise, même si elle n’en a pas toujours pris les chemins les plus courts, travaille à cela. Que l’on entre dans quelques bibliothèques avant de passer aux romans.

Non, on ne peut pas dire n’importe quoi et tenter de le faire croire. C’est trop facile. On ne peut manier le secret pour mieux entretenir l’obscurantisme. On ne peut plus sérieusement aujourd’hui parler des apocryphes qui nous livrent des récits parfois étonnants, sans passer par le contexte que les éditions modernes nous livrent aussi. On ne peut nier péremptoirement que Jésus ait existé. Il est des études historiques sérieuses qui ont depuis longtemps fait le point sur la question, et il est trop facile – et coupable – de les ignorer quand on part en guerre.

Intellige ut credas ! Augustin avait raison, et l’Eglise justement, a toujours tenu à cela : la foi et la raison. Et allons jusqu’au bout, en proposant peut-être à quiconque l’autre mouvement pour lequel plaidait Augustin : Crede ut intelligas. Crois pour comprendre.

Il est des parti-pris de sympathie qui ouvrent des infinis, dont on ne sort pas indemnes. Mais dont on peut aussi ressortir grandis.

Jacques Nieuviarts

Benoît XVI, au delà du Da Vinci Code

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Le pape Benoît XVI a évoqué vendredi 26 mai dans la capitale polonaise, Varsovie, ceux qui «comme cela  est déjà survenu dans les siècles passés, voudraient falsifier la parole du Christ et retirer ses vérités à l'Evangile.». Selon les commentateurs, il s’agissait d’une allusion indirecte au Da Vinci Code.

En fait, le christianisme est un paradoxe. Il est fondé, pour les croyants, sur la révélation de Dieu aux hommes dans des Ecritures que Dieu n’a pas composées lui-même, mais dont les rédacteurs ont été inspirés par l’Esprit Saint. Cette révélation est donc un absolu, une Vérité avec un grand « V ». En même temps, le christianisme est inscrit dans l’histoire. Dieu s’est aussi manifesté aux hommes par la venue sur terre de son fils Jésus-Christ, « vrai homme et vrai Dieu », selon la formule du concile de Chalcédoine (451). Religion historique, le christianisme est confronté à l’existence de vérités relatives, avec de petits «v» ; ce que le chrétien Pascal –reprenant un propos de Montaigne- a résumé une fois pour toutes dans sa formule : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà !».

Dans un débat fort intéressant entre le théologien Claude Geffré, dominicain, et le philosophe Régis Debray (Avec ou sans Dieu ? Le Philosophe et le théologien, éditions Bayard), l’un croyant l’autre pas, il apparaît que cette question de la Vérité des Ecritures est le seul désaccord fondamental entre eux. Pour le philosophe, souligne Régis Debray, la notion de Vérité avec un grand « V » n’existe pas.

Alors ? Il semble que nous soyons assez loin du Da Vinci Code. Pas tant que cela. L’idée sous-jacente au Da Vinci Code est que l’Eglise, avec l’aide du pouvoir politique (en l’occurrence l’empereur romain Constantin) a imposé des écritures qui ont propagé des mensonges sur son histoire. Or, c’est précisément cela qui est faux, et qui rend ce roman malgré tout très pernicieux. L’Eglise a reçu en dépôt des textes dont la majorité des premières communautés chrétiennes estimaient qu’ils étaient inspirés par Dieu. Ces communautés ont écarté certains écrits dits «apocryphes », en particulier ceux des sectes gnostiques qui pensaient que la révélation était réservée à de petits groupes d’initiés. Aucun complot là dedans !

Nul n’est bien sûr obligé de croire à l’inspiration divine des Ecritures. Il est possible d’estimer, comme c’est le cas des musulmans, que le contenu de la révélation chrétienne est « falsifié » et que le Coran est la seule révélation vraie. Mais nul ne peut écrire sans malhonnêteté que les Evangiles sont des textes manipulés par l’Eglise. La confrontation des Ecritures chrétiennes à la conception de l’histoire qui est celle de notre époque, c’est à dire à la recherche de « ce qui s’est réellement passé », peut faire apparaître que tel ou tel événement  qu’elles mentionnent n’a pas laissé de traces selon les critères de la scientificité d’aujourd’hui. Ernest Renan posait déjà la question dans sa Vie de Jésus, au milieu du XIXè siècle. Et répondait qu’il avait perdu la foi. D’autres continuent de croire.

Le problème de fond est bien celui de notre rapport, aujourd’hui, à la Vérité, dans un monde qui lui préfère le confort relatif du… relatif. « On cherche à créer l'impression, a ajouté Benoît XVI, que tout est relatif, et que même les vérités de foi dépendraient de la situation historique et de l'évaluation humaine. » Un sujet grave, qui va bien au delà des élucubrations de Dan Brown et de ses thuriféraires. 

Jean-Luc Pouthier

A la recherche de la « déesse-mère »

Slaurant_mondebible_2 Le christianisme, selon l’auteur du Da Vinci Code, aurait remplacé et tenté d’effacer la religion originelle des hommes : un culte universel rendu à LA déesse-mère. Cette vision est bien sûr trop simple pour être exacte. Elle fait en outre l’impasse sur plusieurs siècles de judaïsme qui constituent le socle fondateur de la religion chrétienne. Dan Brown veut surtout expliquer que nous sommes passés d’un paganisme ouvert, tolérant et surtout féministe à une religion machiste. Les religions païennes (ou polythéistes) sont en effet tolérantes dans le sens où, par définition, les cultes aux différents dieux ne sont pas exclusifs les uns des autres. Qu’au IIIe siècle avant J.-C., un nouveau groupe de marchands égyptiens s’installe dans le port du Pirée, en Grèce et prie la déesse Isis, ne provoque que l’indifférence ou la curiosité des Athéniens. Avec le temps, certains citoyens vont même se laisser tenter par l’exotisme d’Isis, vénérable représentante d’une culture qui fascine les Grecs. Ils imploreront sa protection « en plus » de celle qu’ils demandent à Zeus ou à Athéna…

Mais ces polythéistes étaient-ils pour autant des « féministes »? Isis est-elle, pour l’Antiquité, cette fameuse « déesse-mère » des origines ?

Dès le paléolithique, les préhistoriens ont cru déceler dans les représentations artistiques de femmes bien en chair, un premier culte aux « déesses-mères ». Il renvoie probablement à une préoccupation universelle autour de la fécondité, de la prospérité de la Terre, de la protection du clan, mais nous ne savons presque rien de la pensée des hommes et des femmes de cette haute époque. En tous les cas, à la préhistoire, le culte d’une déesse féminine aux attributs sexuels (ou maternels ? ) bien en évidence n’empêche pas d’autres cultes encore plus énigmatiques, qui se sont traduits, sur les parois des grottes, par de magnifiques peintures d’animaux : féminins ? masculins ? Renvoient-ils à un culte de la Nature ? De la Chasse ? Des esprits des ancêtres ? La religion est dès l’origine un système complexe.

Pendant l’Antiquité, les déesses sont nombreuses. Cependant, elles sont presque toujours la « parèdre » c’est à dire la divinité secondaire associée, « assise à côté » d’une divinité masculine à laquelle elles donnent des enfants divins, et elles transmettent les prières des hommes. Ainsi, en Syrie, à partir du XIIIe siècle avant J.-C., la déesse Anat est à la fois l’épouse et la sœur du puissant dieu de l’orage, Ba’al.

A la fin de l’époque classique, les déesses « s’émancipent » et leur culte rencontre il est vrai un grand succès. Astarté et surtout Cybèle, toutes deux d’origine orientale, Artémis à Ephèse, puis Isis, seront adorées comme déesses de la fécondité et de la maternité. Mais soyons réalistes : leur popularité se développe au beau milieu d’un panthéon largement dominé par les hautes figures de dieux ! Leur culte ne remplace pas ceux rendus, par exemple, au grand dieu grec Apollon, à Delphes ou au puissant et patriarcal Zeus-Capitolin à Rome.

Le basculement général des croyances, entre le 1er et le Ve siècle après J.-C., du polythéisme vers le christianisme, s’il est un bouleversement majeur, ne peut donc pas s’analyser comme une réaction autoritaire contre cette improbable déesse « mère » de l’humanité dont l’histoire ne retrouve pas la trace…

Sophie Laurant

J’ai vu le film !

Jnieuviarts_130_2A sa parution, j’avais lu le roman de Dan Brown. C’est maintenant chose faite, j’ai vu le film. Avec ce sentiment que sur grand écran, on voit mieux les ficelles, du roman comme du film. De fait, lorsqu’on lit, on imagine. A l’écran, les images sont fabriquées… et l’effet différent. Grand film ou non ? Je laisse aux experts d’en décider. J’ai en tout cas eu le sentiment que sans le battage médiatique colossal que l’on connaît, ce film n’aurait ni ne mériterait l’audience qu’on lui donne.

Sauce piquante et piment du secret, anachronisme distillé parfois avec les grumeaux, pour une recette jetant dans le chaudron sans scrupules pas mal d'ingrédients et un peu d’information, de valeur très inégale, le tout au fumet du roman. Eh bien non, le tout ne sera pas cuit au feu de bois ni mis au bûcher, ce serait ajouter à la mise en scène déjà lourde, les palmes du martyre. Et ce serait trop d’honneur. Il est je crois des limites à la caricature.

Que l’on aime ou non l’Opus Dei, par exemple, peut-on réellement le laisser noircir à souhait en mettant à l’écran, contre toute vraisemblance, un moine de l’Opus Dei, habillé à la franciscaine d’un autre âge, quand le film s’achève à la pyramide du Louvre ! De même, si ce ‘moine’ est albinos dans le roman, doit-il vraiment être présenté comme une brute, à la limite du film d’horreur ? Et en avant pour les conseils secrets au Vatican, où des gens d’Eglise sont prêts à fomenter le crime… et le mettent sans vergogne à exécution ! Les ficelles sont grosses pour une mise en scène convenue autour des dits spécialistes du secret, et de la puissance occulte… au service du Vatican. Avec une Eglise censée bien-sûr manipuler le secret, pour éviter la révélation fracassante qui la détruirait. Musique souvent entendue, avec ici le panache de la couleur.

Pour Marie-Madeleine, ce blog a déjà instruit la question. Est-il bien nécessaire d’y revenir ? Mais les chemins du roman sont imprévisibles.

Quittons donc la cuisine du château et les odeurs de fumée, pour les lieux où l’on parle, à distance de l’alchimie. Je crois qu’il existe, sur le plan éthique, une responsabilité de l’écrivain, même de fiction, puisqu’il crée un monde et invite à y entrer, par le procédé du récit et de l’image. C’est le droit le plus strict de Dan Brown de mêler à son roman des vérités historiques ou à apparence historique. Mais indiquer en exergue que ce roman entretient un lien à l’Histoire et au réel, c’est lui donner un statut de vérité. Pas étonnant que beaucoup s’y prennent les pieds, dans le roman et... aussi dans le film. Question d’éthique ! Et demeure cette question récurrente : pourquoi donc tant de gens prennent-ils goût à cette alchimie aux rivages du réel ? Chacun cherche-t-il à ce point le Graal ?

Ainsi donc se laisse-t-on fasciner quand la vérité prend goût de soufre au point de se perdre...

Jacques Nieuviarts
croire.com

Et maintenant, le Graal…

Pouthier_mondebilble_3 Le Graal. Qu’est-ce ? Le mot vient du latin et désigne un plat peu profond ; et par extension, une coupe. Laquelle ? Celle dans laquelle Jésus et ses disciples auraient bu lors de la Cène, le dîner qui a précédé la Passion de Jésus. A ce moment, Jésus prononce ces paroles : « Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. » Peu de temps après, Jésus est arrêté, jugé et condamné à mort. Après qu’il s’est éteint sur la croix, un soldat lui perce le côté avec sa lance. Il en sort du sang et de l’eau.

Intervient là un personnage important, Joseph d’Arimathie. Il est membre du sanhédrin, le «grand conseil » juif, et aussi sympathisant de Jésus. C’est lui, racontent les Evangiles, qui va réclamer le corps de Jésus à Pilate, pour l’ensevelir dans une tombe creusée dans le roc. Selon la légende, c’est lui aussi qui, au pied de la croix, aurait recueilli le sang et l’eau qui avaient coulé du côté de Jésus . Et la coupe dans laquelle il les aurait recueillis était la même que celle que Jésus avait utilisée lors de son dernier repas… Quelques années plus tard, Joseph d’Arimathie serait parti évangéliser le pays qui s’appelle aujourd’hui Angleterre. Et là, à la suite de troubles divers, la trace de la coupe se serait perdue.

Ce n’est pas ici le lieu de discuter des implications théologiques ou mystiques de ces épisodes, vrais ou légendaires. Ce que nous savons de la suite de l’histoire, c’est que la quête du Graal a nourri, sous la forme métaphorique d’un divin inaccessible, toute une littérature et produit maint chef d’œuvre, à commencer par les Romans de la Table Ronde de Chrétien de Troyes. Il n’y a là que des raisons de se réjouir. Toutefois, il existe aussi un côté plus inquiétant de l’affaire. Toutes sortes de charlatans se sont aussi lancés à la recherche de cette coupe à laquelle ils prêtaient des vertus magiques. Parmi eux, Hitler et ses S.S., qui firent chercher le Graal du côté de Montségur, dernier refuge des Cathares, des « purs » ou «parfaits » qui en auraient été les dépositaires

Inutile de détailler ce bric à brac ésotérique, qui n’a rien à voir avec l’histoire. Le problème est que sur ce versant douteux pousse toujours une idée qui nous vient de la plus haute Antiquité : le secret de la marche de l’univers est réservé à un petit groupe d’initiés, et des lignées cachées en ont assuré la transmission. Cela s’appelle une gnose (d’un terme grec qui veut dire connaissance). Or, si les Pères de l’Eglise ont condamné les courants gnostiques de leur époque, c’est bien parce que le Dieu chrétien se révèle à tous les hommes, et pas à une petite élite triée sur le volet. Sur ce point, il existe une incompatibilité de fond entre le christianisme et ce qui se cherche implicitement dans le Da Vinci Code. Et ça, c’est intéressant !

Le retour de l’arianisme ?

Slaurant_mondebible_1 En insistant lourdement sur l’humanité de Jésus, et en passant sous silence sa divinité, Dan Brown s’est rangé, sans peut-être le savoir, parmi les héritiers de l’arianisme, cette interprétation du christianisme née à Alexandrie, en Egypte, au début du IVe siècle, et qui se propagea dans l’ensemble du monde chrétien avant d’être réprimée comme hérésie.

Vers 312, le prêtre Arius, qui prêche chaque jour dans une paroisse populaire du port d’Alexandrie connaît un grand succès auprès des fidèles. Arius professe la transcendance absolue de Dieu, « unique, un seul éternel » et incréé. Le Fils est en revanche « créé par la volonté de Dieu ». Autrement dit, Jésus serait distinct et subordonné à son Père, car pour Arius, son égalité avec le Père est incompatible avec l’idée de monothéisme. Jésus est certes un homme exceptionnel, mais voilà sa divinité mise en cause.

Arius apporte là une réponse radicale aux questions théologiques sur la nature de Jésus qui agitent les débats des chrétiens depuis le IId siècle : Le Christ est-il Dieu comme son père ? Est-il un être divin distinct du père ? N’est-il que la première créature de Dieu ? Son évêque, Alexandre, qui défend lui, la « co-éternité » du Fils avec le Père, est choqué par une telle position et provoque dans un premier temps des débats contradictoires avec d’autres prêtres (selon la mode antique, très friande de joutes oratoires). Il échoue à convaincre Arius et le raye du registre des prêtres. Celui-ci correspond intensément avec des évêques d’Orient et commence à répandre sa doctrine dans un monde où il n’existe pas de dogme établi et où les clercs n’ont pour référence que la pensée de quelques théologiens anciens, comme Origène. De son côté, Alexandre met en garde ses pairs contre les thèses de l’arianisme. La querelle se répand très vite dans l’empire byzantin…

L’empereur Constantin, qui vient de mettre fin aux persécutions contre les chrétiens et se sent très proche d’eux, convoque un concile à Nicée, en 325, pour rapprocher les positions. Le Credo est élaboré, avec la formule : « le Fils est engendré, non pas créé, par le Père, vrai Dieu né du vrai Dieu, il est de la même substance que le Père». Mais les partisans de l’arianisme ne s’y retrouvent pas et leurs thèses continuent de gagner du terrain et de déchirer les communautés. Après la division de l’empire, certains empereurs d’Occident adoptent à leur tour l’arianisme.

Après un demi-siècle de réflexion et de conflits, le concile de Constantinople, en 381,  peut enfin préciser la formule de Nicée en affirmant à la fois l’unité « consubstantielle » des trois personnes de la Trinité et leur individualité*. L’arianisme est alors officiellement condamné, et le nombre de ses adeptes reflue peu à peu sous la pression –souvent violente- du clergé byzantin et romain. Il continue cependant d’être la religion des royaumes barbares d’Espagne ou d’Afrique du Nord pendant encore plus d’un siècle.

De même que le canon des évangiles ne s’est pas constitué en un jour, l’histoire nous montre combien l’élaboration de la doctrine chrétienne a pris de temps et a suscité de débats.

Sophie Laurant

* Plus tard, lorsqu’il évangélisera l’Irlande, Saint Patrick expliquera ce mystère de la Trinité : Dieu est un en trois personnes (le Père, le Fils et l’Esprit) à l’aide d’un trèfle. Le trèfle a trois feuilles, et pourtant c’est un seul trèfle ! Et c’est ainsi que le trèfle devint le symbole de l’Irlande…

En direct de Cannes

Lebreton
De l'envoyée spéciale de Pèlerin à Cannes, France Lebreton
Nous voici enfin sur la croisette à Cannes pour découvrir, quelques heures avant le public français, le film Da Vinci Code, l’adaptation du roman à succès de Dan Brown, abondamment décrypté ces derniers jours dans la presse française et particulièrement la presse catholique. Armé, nous l’étions donc pour affronter cette œuvre si controversée. Les premières projections réservées aux journalistes ont reçu un accueil glacial. Certes, à Cannes, la critique est sévère.

Nous avons choisi de nous laisser guider par notre plaisir de spectateur en espérant retrouver notre plaisir de lecteur. Première impression : ce film de plus deux heures et demi se révèle très fidèle au livre. L’assassinat du conservateur Jacques Saunière dans la Grande Galerie du musée du Louvre, est le point de départ d’un formidable jeu de piste emmené par nos deux héros, Robert Langdon (Tom Hanks, cheveux longs et douteux : le style new age ?), éminent spécialiste de l’étude des symboles, et l’adorable scientifique, experte en déchiffrage des codes, Sophie Neveu (épatante Audrey Tautou) dont la grandeur n’a d’égale que la détermination.
De l’action, du rythme, du suspense, le film n’en manque pas. De l’humour non plus, dans la façon de représenter la police française (Jean Reno et Etienne Chicot). Mais certaines explications pseudo-historiques à grands renforts de flash-back, risque d’égarer le spectateur qui ne connaît pas la teneur du roman original.

Le fond polémique du livre en ressort, du coup, atténué. Les séquences consacrées au moine-soldat Silas, membre de l’Opus Dei, relève du grand guignol. Cilice, auto-flagellation, regard halluciné : on baigne dans le sanguinolent et la caricature. Quant à la soi-disant  « révélation » de l’existence d’une descendance de Jésus-Christ, contre-vérité majeure du livre de Dan Brown, elle apparaît ici comme un pur élément de fiction au service d’un bon spectacle de cinéma. Un divertissement, en somme, qui remet l’œuvre à une place dont elle n’aurait jamais dû sortir.

NB : Le film ne comporte aucun avertissement sur la réalité ou sur l’invention des faits, des personnages, et des événements historiques cités.

La foi en péril ?

Jnieuviarts_130Parfois, la vague ravageuse déclenchée par le roman de Dan Brown, et réveillée par la parution du film inspiré de son livre, me surprend. Et je lis comme tous les statistiques, m’étonnant tout de même de l’engouement de beaucoup à vérifier sur les lieux (Saint Sulpice ou Louvre), les traces très initiatiques de ce roman. Je dis initiatiques, car le secret qui traverse le roman – et pour cause : dans un roman policier, c’est mieux ! – semble rejoindre en chacun des profondeurs inavouées. La suspicion porterait-elle bonheur ? Plus d’un imagine que c’est de ce secret que vit l’Eglise. Et à chaque découverte de manuscrit, fût-il infime, à chaque roman ou film a relents sulfureux, on se reprend à songer : et si tout était faux ? Et si l’Eglise vous cachait l’essentiel ? Ou même de l’accessoire, mais pas si anodin finalement.

Je repense au film de Scorcese sur La dernière tentation du Christ, où le cinéaste précisait d’entrée (fin du générique) qu’il était inspiré du roman de Kazantzakis, et qu’il mettait en scène le combat entre la chair et l’esprit. Beaucoup s’émurent de ce film, même sans l’avoir vu, et peut-être seulement du titre, ou de la rumeur. Plus récemment, l’évangile de Judas défiait la chronique. Il avait, il est vrai, été annoncé dès cet hiver. Personne n’avait rien en main encore, mais bientôt ce serait chose faite, et ceux qui écrivaient, avouons le, faisaient en fait comme si… Et le commentaire déjà interrogeait dans plusieurs revues autorisées, sur le ton du soupçon. A défaut d’être scientifique, il est vendeur.

Le point commun de ces productions est entre autres, comme dans le roman de Dan Brown, la question du secret auquel seuls quelques initiés sont introduits. Ce qui amène entre autres, dans le Da Vinci Code à des affirmations surprenantes sur l’origine des évangiles : plutôt par révélation à des initiés que par l’expérience – que cela fut en fait – dans la vie des croyants. Faut-il donc suivre comme serviteurs plus authentiques de la vérité, ceux qui ont accès, par initiation et introduction rituelle, au secret, censé mener au salut ? L’Eglise n’a jamais mangé de ce pain là. Même au temps des catacombes ! L’Evangile se vit et se dit – toujours – à ciel ouvert. L’inverse en serait en fait purement et simplement une négation.

On trouve aujourd’hui partout un traitement scientifique de l’ensemble de ces questions. [Ce blog assure des liens vers plusieurs sites qui y donnent accès.] Certes, il n’est pas monolithique, et il ne suffit pas de revendiquer que l’on est scientifique pour l’être, ce blog ici ou là le montrerait. Passe l’agitation ! Le cœur de l’Evangile n’est pas dans le secret. Son noyau le plus fort, que l’on trouve dans plusieurs écrits du Nouveau Testament (1 Co 15, 1-_ ; Ac 2, 36 ; etc), a depuis longtemps été désigné par les théologiens comme le kérygme. Ce mot assez étrange en français, est en fait un mot grec : le participe parfait passif, redoutable à apprendre en grec, du verbe kéryssô, qui signifie précisément crier, ce qui est aux antipodes précisément, du secret.

Ce qui est crié d’essentiel, est la mort de Jésus sur une croix, et sa résurrection. La première, sous le mandat de Ponce Pilate, est attestée par l’Histoire (Flavius Josèphe et quelques autres écrits). La seconde est attestée par le témoignage vivant de générations chrétiennes. Ce témoignage invite à la foi. Tout témoignage d’ailleurs sollicite la foi, et la rigueur de la vérification. C’est de l’expérience que les premières générations chrétiennes firent de la rencontre de Jésus ressuscité, que nous tenons les évangiles et qu’est née l’Eglise. Les chemins obscurs de l’enquête de Dan Brown n’atteignent pas ce socle. Et il serait heureux de ne pas prendre un roman pour argent comptant. Pourquoi donc la fascination actuelle autour de ce roman ? Peut-être de ce qu’il prend des allures ici ou là de vérité, ce qui somme toute est son droit le plus strict. Mais il rejoint aussi nos doutes profonds. Et nos doutes, par contre, ne relèvent pas de la fiction. Dommage peut-être qu’ils aillent s’y nourrir.

Jacques Nieuviarts
croire.com

Marie-Madeleine, figure libre

Slaurant_mondebible Marie-Madeleine n’a pas existé, dites-vous. C’est vrai, et pourtant, quelle femme ! Passons sur la beauté troublante et la chevelure sensuelle que lui ont prêtées les peintres _ et qui ont fasciné les fidèles … _ du Moyen Age à nos jours. Attachons-nous plutôt à la singularité de son destin : cette haute figure de la tradition chrétienne est née tardivement, au VIe siècle, de la fusion de trois silhouettes, apparitions importantes mais juste esquissées dans les Evangiles. L’une d’elles eut le privilège d’oindre Jésus de parfum. Une autre de ces « Marie » fut le premier témoin de la Résurrection, avant Pierre, fondateur de l’Eglise ! Avant Jean, le disciple bien-aimé ! Que Jésus s’adresse d’abord à une femme n’a pas manqué d’être souligné comme insolite, voire dérangeant, par les premiers commentateurs chrétiens.

Une fois « née », Marie-Madeleine est censée avoir débarqué en Provence, évangélisé les Marseillais, puis avoir fait pénitence dans la grotte de la Sainte-Baume. Elle se serait parfois élevée en extase, transportée par des anges. Après sa « mort », ses reliques auraient été pieusement recueillies à Saint-Maximin (Var) . Elles feront l’objet d’un pèlerinage important à partir du XIIIe siècle, lorsque son corps « intact » y est soit-disant redécouvert, au grand dam des moines de Vézelay qui depuis le XI e siècle s’étaient approprié les reliques au prétexte –banal au Moyen Age _ que si la sainte laissait ses ossements partir jusqu’en Bourgogne c’est que leur sanctuaire la méritait davantage. On se battait donc pour elle…

L’intense dévotion et les nombreuses traditions dont elle fut l’objet,  sa popularité toujours grande _ la preuve ! _ s’expliquent probablement par son humanité qui « sonne juste ». Cette femme nous est devenue familière par ses défauts. Et point de violence dans son destin, point de martyr sanglant pour prouver sa foi, qui ferait d’elle un modèle angoissant et inaccessible. Juste ce cri d’amour : «Rabbouni ! » (Jn 20,16)

A la rédaction du Monde de la Bible, nous avons redécouvert toute la complexité de Marie-Madeleine en 2002, à l’occasion d’un numéro qui lui était consacré : Pécheresse aimant le luxe et l’oisiveté, les hommes aussi bien sûr, apôtre, prêcheuse, pénitente pardonnée, ascète mystique… nous avons titré ce dossier « Visages de Marie-Madeleine » (n°143) tant la figure est riche et captivante.

A-t-elle besoin d’être en outre l’amante de Jésus pour rester la star qu’elle n’a jamais cessé d’être? Notre époque a sûrement besoin d’elle pour nuancer l’image très masculine du premier christianisme. Mais faut-il pour cela qu’elle « rentre dans le rang » et paradoxalement devienne épouse et mère comme le suggère Dan Brown ?  Marie-Madeleine est une femme libre, elle l’a déjà prouvé !

Sophie Laurant

En parler ou pas ?

Pouthier_mondebilble_1 Les attaché(e)s de presse des maisons d’édition vous le confirmeront : mieux vaut un article très critique sur un livre que le silence… Dans une société de sur-information, ce qui ne se voit pas, d’une manière ou d’une autre, disparaît. Parler du Da Vinci Code, c’est vrai, c’est lui faire de la publicité. Alors pourquoi ne pas se taire ?

Le Monde de la Bible, dans un premier temps, avait décidé de se taire. Il nous semblait que le roman Da Vinci Code relevait de la critique littéraire, où nous n'avons pas de compétence particulière, et non de la critique historique, qui est davantage notre domaine. Nous avons changé d’avis à la suite d’une sorte d’ "alerte" lancée par des membres de notre Comité de rédaction et par certains de nos collaborateurs. Universitaires, pour la plupart d’entre eux, ils ont affaire à des étudiants et aussi à d’autres publics qu’ils rencontrent lors de conférences. Or, ils ont peu à peu découvert que la vision de l’histoire du christianisme véhiculée par le Da Vinci Code était non seulement la source de beaucoup de questions, mais qu’elle pouvait aussi être considérée comme " vraie " (au sens de la vérité historique) par nombre de lecteurs du roman (un tiers, selon les sondages...).

A partir de là, il devenait difficile, pour un magazine consacré à l’histoire de la Bible et du christianisme, de traiter par le mépris ou l’ignorance une œuvre de fiction reçue par ceux qui la lisent comme la "véritable" histoire du même christianisme. Nous nous sommes donc employés (et nous ne sommes pas les seuls, loin de là et tant mieux !) à rectifier les contre-vérités véhiculées par le Da Vinci Code. Mais nous avons aussi saisi cette occasion pour traiter de sujets sur lesquels les historiens travaillent avec des questionnaires nouveaux, sans que le résultat de leurs recherches ait déjà atteint un large public. C’est le cas, par exemple, du rôle des femmes dans les premiers temps du christianisme, auquel Daniel Marguerat a consacré un article, " Des femmes à l’aube du christianisme ", dans notre dossier "L’effet Jésus ".

Alors, en parler ou pas ? Il arrive un moment où se taire équivaut à se rendre complice du mensonge ou de l’ignorance. Et même si nous sommes conscients qu’il existe bien d’autres raisons de s’indigner dans le monde où nous vivons ; même si nous savons que nous contribuons à faire indirectement de la " publicité " pour ce que nous critiquons ; même s’il ne convient pas en effet d’attribuer à cette affaire plus d’importance qu’elle n’en a, nous avons décidé de faire notre travail, à la place qui est la nôtre : c’est à dire de faire connaître, avec toutes les précautions d’usage, ce que des historiens dignes de ce nom pensent pouvoir nous apprendre aujourd’hui sur la passionnante histoire du christianisme. Et nous ne saurions donc trop vous recommander de lire l'entretien avec Rémi Gounelle : " Un historien face au Da Vinci Code".

Jean-Luc Pouthier

L’Eglise n’a pas grand chose à cacher…

Ainsi, d’après les sondages, un tiers des Français estiment que le Da Vinci Code dévoile la vérité sur Jésus. C’est en fin de compte un nombre assez faible et plutôt rassurant. En dépit du matraquage médiatique dont ce roman a été l’objet, une très forte majorité de nos concitoyens (plus des deux tiers !) continuent à le tenir pour ce qu’il est : une œuvre de fiction, plus ou moins réussie selon les goûts de chacun, mais pas un travail d’historien.

Restent que le succès du livre, et sa capacité de conviction auprès d’une proportion non négligeable de ses lecteurs, nous interrogent. Depuis un demi-siècle, les découvertes archéologiques et un travail renouvelé sur les sources classiques (à commencer par le Nouveau Testament) ont produit une vision des débuts du christianisme qui n’a plus grand chose à voir avec l’histoire sainte de jadis. Des sujets comme la séparation entre juifs et chrétiens ont enfin été scrutés sans a priori. Des séries télévisées à succès comme " Corpus Christi " ont présenté ces recherches à un large pubic en même temps qu’elles rendaient hommage à ceux qui les menaient.

Nous nous efforcerons, dans les jours qui viennent, de faire le point sur les principaux acquis de ces travaux, en répondant le plus complètement possible à vos questions. Il convient toutefois de tordre le cou dès à présent à un lieu commun, dont le Da Vinci Code s’est fait l’ardent propagateur : l’Eglise, depuis deux millénaires, aurait été à la tête d’un vaste complot destiné à cacher la vérité sur Jésus et les chrétiens. C’est tout simplement absurde ! Certes, le fonctionnement de l’Eglise n’a pas toujours été très transparent. C’est le moins qui se puisse écrire. Et comme l’affirme le dicton populaire, " on ne prête qu’aux riches ".

Il est vrai aussi que l’Eglise n’a pas toujours vu d’un très bon œil des recherches historiques qui contredisaient les acquis de la tradition. Mais il est faux d’affirmer que l’Eglise aurait tenté de dissimuler des textes, rapportant par exemple les amours de Jésus et Marie-Madeleine. Ces écrits –portant le plus souvent le nom d’évangiles apocryphes- sont pour la majeure partie d’entre eux connus depuis très longtemps. Les Pères de l’Eglise, dans les premiers siècles du christianisme, n’ont pas cessé de les réfuter, et donc d’en parler, dès lors qu’ils avaient été rédigés par des petits groupes considérés comme hérétiques. En outre, l’Eglise des IIIè ou IVè siècle n’était bien sûr pas le Vatican d’aujourd’hui. Point n’est besoin d’être agrégé d’histoire pour imaginer que le " pouvoir " ou la " communication " n’avaient alors rien à voir avec ce qu’ils sont au XXIè siècle. Sur ce plan, le Da Vinci Code, quand il n’est pas tissé d’erreurs, est tout simplement anachronique. Et pourtant, ce roman –et sans doute le film à venir- auront eu un immense mérite : celui d’attirer l’attention sur une histoire passionnante, celle de Jésus et des premiers chrétiens. Prenons le temps d’en parler…

Jean-Luc Pouthier

A partir du 11 mai, le débat est ouvert !

Après le phénoménal succès du livre de Dan Brown, le film, projeté en ouverture du Festival de Cannes, avant sa sortie mondiale, va de nouveau attiser les controverses sur l’histoire du christianisme.

Chaque jour, Jean-Luc Pouthier, directeur des rédactions du Monde de la Bible et de Croire aujourd'hui,  et Sophie Laurant, chef de rubrique au Monde de la Bible, animeront le blog, en répondant aux questions et en réagissant aux commentaires des internautes.

  • L’Eglise a-t-elle eu intérêt à cacher des évangiles ?
  • Les manipulations, contre-vérités - religieuses et historiques - du Da Vinci Code : interview de l’ historien, Rémi Gounelle
  • Marie-Madeleine était-elle l’amante de Jésus ?
  • A la poursuite du Graal…Mais qu’est-ce que le Graal ?
  • L’Opus Dei, bras armé de l’Eglise ?

Dès la projection du film, à Cannes, le mercredi 17 mai

  • Critique du film par France Lebreton, en direct du Festival
  • Commentaire de René Poujol, Directeur de la rédaction de Pèlerin
  • Dossier complet sur Pèlerin.info : réactions des Eglises dans le monde…

Egalement des vidéos et du son :

  • Interview par croire.com du jésuite, Bernard Sesboüé, auteur de Le Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs (Seuil)

·         Réactions de sorties de salle

·         Interview de Michel Kubler, rédacteur en chef de La Croix

Partenariat de pelerin.info avec six titres et sites du groupe Bayard : mondedelabible.com, croire.com, Croire aujourd'hui, lacroix.com, theologia.fr, etdieudanstoutca.com, ainsi qu’avec coursalpha.fr.

RTL.fr est également notre partenaire durant tout le festival de Cannes.